GERER L’ARRET DE LA SAISON.
GERER L’ARRET DE LA SAISON
Les dernières compétitions terminées, la plupart des cyclistes se ménagent une période de coupure plus ou moins longue souvent jugée bien méritée. Mais, est-ce vraiment la démarche à adopter ?
Eprouvés par une saison souvent longue et intense, de nombreux cyclistes observent une coupure totale de leur activité physique pendant plusieurs semaines voire plusieurs mois. Pourtant, les connaissances actuelles dans le domaine de l’entraînement et de la physiologie du sport doivent amener les cyclistes à se méfier des coupures « culturelles » ancrées dans les habitudes de nombre d’entre eux et intervenant quand les échéances de la prochaine saison sont encore très éloignées. En effet, sur le plan physiologique une coupure complète n’est en rien bénéfique. Le cycliste, comme tout sportif, à condition qu’il s’entraîne suffisamment, impose à son organisme d’importantes contraintes physiques. En conséquence, celui-ci cherche à s’adapter. Les adaptations sont multiples, elles concernent le système ostéo-articulaire (renforcement des os et des cartilages), le système musculo-tendineux (renforcement des muscles et des tendons), les systèmes fonctionnels de production d’énergie et enfin les systèmes neuro-cérébraux (coordination et technique). La suppression de ces contraintes peut s’avérer fort déstabilisante et, paradoxalement, fatigante. Il est aujourd’hui démontré qu’une coupure totale de 15 jours et plus, engendre non pas des phénomènes de régénération mais de dégénération. La conséquence est une véritable désadaptation sur le plan physique se traduisant par une chute de la consommation maximale d’oxygène et surtout du seuil d’accumulation des lactates. Ces deux paramètres se révélant être des indices majeurs de la performance en cyclisme, on comprend alors aisément le préjudice encouru si de telles coupures viennent à se prolonger.
Si les longs arrêts s’avèrent néfastes, cela ne signifie pas pour autant qu’il faut s’entraîner tous les jours et aussi durement. A la fin de la saison, le cycliste, saturé, aspire à un repos légitime aussi bien sur le plan physique que psychique. Cependant, cette coupure est bénéfique à condition d’être courte. Des études menées, entre autres, auprès de cyclistes montrent qu’une coupure inférieure à 10 jours n’engendre que très peu de modifications des dispositions physiques. Au-delà, on risque d’entamer sérieusement les acquis de la saison passée et de rendre la reprise plus pénible, douloureuse et laborieuse.
Donc, à l’arrêt de la saison, lorsque le cycliste éprouve un besoin physique et psychologique de se ressourcer, il peut choisir d’opter pour une période brève de coupure, inférieure à 2 semaines, ou, de rester actif tout en diminuant considérablement sa charge d’entraînement. Cela lui permettra de « souffler » en faisant un break avec le rythme, parfois infernal, des entraînements et des compétitions.
Malgré ces recommandations, nous savons pertinemment que de nombreux cyclistes s’entêtent et conservent leurs mauvaises habitudes. Pour ceux-ci, encore plus que pour les autres, la reprise, constituant une période de re-conditionnement physique, doit respecter rigoureusement certaines règles. La progressivité est le principe fondamental de l’entraînement à adopter à cette période précise. Il faut être particulièrement vigilant par rapport aux sensations musculaires en considérant que les courbatures inhérentes à la reprise de l’entraînement sont le premier stade d’une lésion musculaire. Il est difficile de les éviter mais il est possible de les minimiser par la progressivité des intensités et charges de travail mais également par les formes de travail proposées. Ainsi, si la course à pied est intégrée au programme d’entraînement, il faut dans un premier temps veiller à éviter les parcours vallonnés et notamment les descentes abruptes. Les étirements doivent être également réalisés avec prudence. On se contente de simples mises en position d’allongement musculaire sans douleur. La durée accordée à cette période de re-conditionnement varie selon la stratégie adoptée par les sujets au sortir de la saison. Elle peut se prolonger pendant 3-4 semaines chez ceux ayant laissé trop longtemps leur organisme au repos.
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